Plan National de Développement Sanitaire (PNDS) 2015-2024, Ministère de la santé du Guinée

Plan National de Développement Sanitaire (PNDS) 2015-2024, Ministère de la santé du Guinée

Auteur : Ministère de la santé

Type de publication : Étude

Date de publication: 2015

Lien vers le document original: extwprlegs1.fao.org

 

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Le PNDS 2015-2024 fournit des orientations stratégiques claires pertinentes et consensuelles tenant compte des opportunités nationales et internationales pour le développement d’une action sectorielle, mieux ciblée sur les problèmes prioritaires du pays. Il constitue le cadre unique de mise en œuvre de la politique nationale de santé.

Ce PNDS, qui est le résultat d’un processus inclusif, ascendant et consensuel de l’ensemble desparties impliquées dans la santé, repose essentiellement sur les trois objectifs stratégiques dela Politique nationale de santé à savoir :

  • Réduire la mortalité et la morbidité liées aux maladies transmissibles, non transmissibles et aux situations d’urgences,
  • Améliorer la santé à toutes les étapes de la vie,
  • Améliorer la performance du système national de santé.

Pour la mise en œuvre efficace de ce Plan, un cadre de mise en œuvre ainsi qu’un plan de suiviévaluation ont été élaborés et permettront d’apprécier les progrès accomplis tout au long de la période. La conduite de ce processus aboutira à la signature du compact national dans le cadre de l’adhésion de la Guinée à l’initiative ‘’International Health Partnership (IHP+)’’.

Le système de santé guinéen peut être décrit dans son évolution en 4 périodes :

La période coloniale : elle est caractérisée par l’intervention des équipes mobiles de lutte contre les endémies et la création des hôpitaux dans les grandes villes et au niveau des stations des entreprises minières et agricoles. Le personnel était en majorité des militaires de la colonie, les missionnaires et des auxiliaires africains. Ce système de santé visait surtout la protection des colons, leurs employés et à des degrés moindres les indigènes.

La période de 1958-1984 : elle est caractérisée par une option politique socialiste qui a mis un accent sur l’équité d’accès aux soins. Au cours de cette période, la disponibilité des ressources humaines en périphérie et des produits pharmaceutiques était assurée. La mise en œuvre du Plan Triennal de Développement Socioéconomique a permis de rendre disponible des dispensaires, des hôpitaux et des médicaments et consommables dans toutes les préfectures du pays. Le financement des soins et services était essentiellement public et les soins gratuits. C’était le temps de « l’Etat providence ».

La période 1984-2000 (période de réformes): elle est caractérisée par une option politique libérale déclinée à partir des assises de la conférence nationale de la santé tenue en juillet 1984. Dans le secteur de la santé, des réformes ont été engagées à savoir : l’officialisation du secteur privé, l’opérationnalisation des soins de santé primaires et le recouvrement des coûts dans le cadre de la mise en œuvre de l’Initiative de Bamako et la réforme hospitalière et pharmaceutique.

Le forum national de la santé, organisé mai 1997 à Conakry a recommandé l’élaboration d’un Plan National de Développement Sanitaire. Les réformes entreprises ont permis d’améliorer la couverture sanitaire et le niveau des indicateurs de santé. A cette époque, le système de santé guinéen constituait un modèle pour des pays qui avaient un niveau de développement similaire.

Le PNDS 2015-2024 fournit des orientations stratégiques claires pertinentes et consensuelles tenant compte des opportunités nationales et internationales pour le développement d’une action sectorielle, mieux ciblée sur les problèmes prioritaires du pays. Il constitue le cadre unique de mise en œuvre de la politique nationale de santé

Période 2000-2014 : le système de santé est caractérisé par une multitude de projets et programmes verticaux. Des dysfonctionnements du système ont été constatés et le Ministère de la Santé a organisé la revue du système de santé en 2000 à Dalaba. Cette revue a recommandé l’élaboration de la nouvelle Politique Nationale de Santé assortie d’un Plan National de Développement Sanitaire (PNDS) à horizon 2010. Durant cette période, on assiste à une diminution progressive du financement public ; ce qui a alourdi le fardeau supporté par les ménages exposés à la précarité et à la vulnérabilité découlant du paiement direct.

Selon l’Enquête Démographique et de Santé 2012, le ratio de la mortalité maternelle est de 724 pour 100 000 naissances vivantes, le taux de mortalité néonatale de 33‰, le taux de mortalité infanto juvénile de 123‰ et le taux de mortalité infantile de 67‰. Le niveau de ces indicateurs de mortalité maternelle, infantile et infanto juvénile reste encore très élevé par rapport aux pays à économie similaire.

Sur le plan épidémiologique, les principales causes de la morbi-mortalité sont liées aux maladies transmissibles dont les maladies à potentiel épidémique, les maladies évitables par la vaccination. Les maladies non transmissibles liées aux modes de vie prennent de plus en plus d’importance. La prévalence du paludisme reste encore élevée avec une prévalence de la parasitémie à 44% chez les enfants12. Cette pathologie représente 40,82% des consultations et 45,30% des hospitalisations dans les formations sanitaires publiques et 36% des causes de décès hospitaliers sont dues au paludisme grave. C’est la première cause de mortalité des enfants de moins de 5 ans.

Le VIH/SIDA demeure un problème de santé publique avec une prévalence stable de 1,7% en 201213. En 2011, le VIH/SIDA représentait 9% des consultations. L’épidémie de VIH/SIDA est de type « généralisée ». La prévalence de la Tuberculose, de 178 TPM+ pour 100.000 habitants, reste encore élevée avec sa double charge de coïnfection avec le VIH/SIDA. Parmi les autres maladies transmissibles, 6% des enfants de moins de 5 ans avaient présenté des symptômes d’infection respiratoire aigüe et 16% un épisode diarrhéique. Ces pathologies représentent respectivement les deuxième et troisième causes de mortalité chez les moins de 5 ans.

Les infections néonatales sont aussi des causes importantes de mortalité dans cette tranche d’âge14. Il faut aussi noter la survenue fréquente d’épidémies de choléra, de méningite, de rougeole. En 2011, 7% des décès hospitaliers sont dus au diabète sucré et 7% à l’hypertension artérielle15. Selon l’EDS de 2012, 31% des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition chronique, dont près de la moitié sous une forme sévère.

Il existe de fortes disparités selon le milieu de vie et le statut économique. 10% des moins de 5 ans souffrent de malnutrition aigüe dont 4% sous la forme sévère. Les maladies tropicales négligées comprennent le trachome avec une prévalence dans les zones hyper endémiques de plus de 3%, la filariose lymphatique : 10%, la schistosomiase : 50% et les géo helminthiases : 50%, l’onchocercose, l’ulcère de Buruli et la lèpre en phase d’élimination (moins de 1‰).

Les maladies chroniques deviennent de plus en plus importantes au niveau de la population. Elles sont constituées du diabète avec une prévalence de 5% chez les sujets de 15 à 64 ans, des maladies respiratoires chroniques avec 12,4% de prévalence en milieu scolaire, des maladies cardiovasculaires avec une prévalence de 28,1% d’HTA, des cancers du col de l’utérus 0,5% chez les femmes et du cancer du foie avec 31,5 p. 100 000 et enfin de la drépanocytose avec une prévalence de 11,57% selon le test d’Emmel parmi les demandes de routine 16.

Au 12 novembre 2014, 1 928 cas de la maladie à virus Ebola (MVE) ont été notifiés avec 1 174 décès soit 60,9%. Le personnel de santé, avec un effectif de 9 674 depuis 2012, a subi de lourdes pertes en vies humaines avec 93 cas et 43 décès (46,24%). 3.1.2. Déterminants de la santé Le faible niveau d’instruction (33% d’hommes et 60% de femmes) et le faible niveau de revenu ainsi que la persistance de tabous socioculturels favorisent la réticence aux changements de comportements favorables à la bonne santé des populations.

La faible couverture en eau potable (75% en général et 65% en milieu rural), en installations sanitaires salubres (56% en général et 29% en milieu rural) et en habitats décents, ainsi que l’insuffisance d’hygiène individuelle et collective, la pollution de l’environnement et les effets du changement climatique sont à la base des principaux facteurs de risque de nombreuses maladies transmissibles et non transmissibles.

 

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