La violence politique a encore le vent en poupe en Guinée, Afrobaromètre

La violence politique a encore le vent en poupe en Guinée, Afrobaromètre

Auteur : Djiba Kaba

Type de publication: Etude

Organisation Affilé :Afrobaromètre

Date de publication: 2019

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*Les Wathinotes sont des extraits de publications choisies par WATHI et conformes aux documents originaux. Les rapports utilisés pour l’élaboration des Wathinotes sont sélectionnés par WATHI compte tenu de leur pertinence par rapport au contexte du pays. Toutes les Wathinotes renvoient aux publications originales et intégrales qui ne sont pas hébergées par le site de WATHI, et sont destinées à promouvoir la lecture de ces documents, fruit du travail de recherche d’universitaires et d’experts.

 

L’équipe Afrobaromètre en Guinée, dirigée par Stat View International, a interviewé 1.200 adultes guinéens en mai 2017. Un échantillon de cette taille donne des résultats au niveau pays avec une marge d’erreur de +/-3 points de pourcentage à un niveau de confiance de 95%. Des enquêtes précédentes ont été menées en Guinée en 2013 et 2015.

Le tiers (33%) des Guinéens craignent la violence politique lors des meetings, dont 5% qui l’ont déjà ressentie. La crainte d’intimidations et de violences liées à la politique est forte: La moitié (49%) de la population les craint « quelque peu » ou « beaucoup », taux en hausse depuis 2015 (36%).  La majorité (55%) des Guinéens désapprouvent la performance du gouvernement dans la prévention des violences politiques en période électorale.

La violence politique, un phénomène très présent en Guinée .Les Guinéens ne font pas uniquement face aux défis sécuritaires dans leur quartier ou leur domicile. Plus graves et parfois plus sanglants, les crises politiques conduisant aux violences électorales ont plusieurs fois meurtri ce peuple, avec l’exemple crû des massacres du 28 septembre 2009 au stade de Conakry (Cantener, 2018). Ou lors des années plus récentes, les mouvements d’humeur dans la capitale. Ces facteurs mis ensemble, ne laissent pas les habitants indifférents. Violence lors d’un meeting politique L’une des formes les plus populaires de l’engagement des citoyens en période préélectorale est leur participation à des rassemblements de campagne. Or, ces rassemblements peuvent donner lieu à des intimidations ou à des violences.

En plus, la crainte d’intimidation ou de violence politiques est en hausse, et les Guinéens désapprouvent la performance du gouvernement dans la prévention de violences politiques en période électorales

Le tiers (33%) des Guinéens craignent la violence lors des meetings politiques, dont 5% qui l’ont déjà ressentie; 66% disent ne pas la craindre. Les plus instruits et les urbains sont les plus enclins à craindre et à subir la violence lors des meetings politiques: 19% des répondants avec des qualifications post-secondaires affirment avoir subi de telles violences, contre 3%-5% des moins instruits. De même, 13% des urbains ont subi des violences lors d’un évènement politique, contre juste 1% des ruraux. Tenant compte des régions, Conakry vient en tête: Plus de la moitié (53%) disent craindre ces violences, dont 22% qui les ont déjà ressenties .

Les trois-quarts (77%) des Guinéens disent que la compétition entre partis politiques amène « souvent » ou « toujours » des conflits. Comme le montre la Figure 15, l’opinion selon laquelle la compétition entre partis politiques conduit « souvent » ou « toujours » à de violents conflits est plus soutenue par les urbains (88%) que par les ruraux (72%), par les instruits que les moins instruits, et par les résidents de la capitale Conakry (94%) que chez ceux des régions.

En plus, la crainte d’intimidation ou de violence politiques est en hausse, et les Guinéens désapprouvent la performance du gouvernement dans la prévention de violences politiques en période électorales. Il appartient donc aux autorités de veiller à la quiétude de la population de façon impartiale et aux partis politiques signataires du Code de Bonne Conduite de Partis Politiques de respecter le contenu de ce document afin que nous ayons des scrutins libres et sans violences.

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