L’inadéquation des formations explique pour l’essentiel le déficit de l’employabilité des jeunes

L’inadéquation des formations explique pour l’essentiel le déficit de l’employabilité des jeunes

Les entretiens de WATHI – Les régions de la Guinée

Sékouba Maréga

Sékouba Maréga est étudiant en Master de Science politique à Université Sonfonia-Conakry.

Quel regard portez-vous sur la question de l’emploi des jeunes dans la zone de Conakry ?

Depuis un bon moment, l’Etat à travers ses établissements d’enseignement supérieur forme des étudiants dans des domaines (géographie, philosophie, histoire, physique, etc.) qui ne reflètent pas la demande des entreprises, de l’administration publique ou même des institutions internationales.

C’est une question qui mérite une attention particulière. Surtout quand on sait que l’Université publique de Sonfonia (la plus grande du pays) produit près de 1000 étudiants dans un département/facultés ; ce qui pourrait atteindre donc jusqu’à 8000 étudiants par an, sans compter les autres universités publiques et privées du pays.

Qu’est ce qui explique le déficit de l’employabilité des jeunes ?

L’inadéquation de la formation aux besoins d’emploi est assez profonde et explique pour l’essentiel le déficit de l’employabilité des jeunes. Mais il y a d’autres raisons comme le clientélisme (ou népotisme) qui favorise l’occupation de postes par des personnes qui ne le méritent pas au détriment de celles méritantes. Un autre facteur tient au fait que les jeunes diplômés ne sont le plus souvent pas outillés aux techniques de la recherche d’emploi, certains savent à peine rédiger une lettre de motivation ou présenter un CV convaincant.

On peut aussi soupçonner le manque de compétence des services étatiques pour la structuration du secteur de l’emploi. C’est le cas de l’Agence guinéenne pour la promotion de l’emploi des jeunes (AGuiPE), qui travaille certes avec le BOCEJ et d’autres institutions, mais peine encore a atteindre ses objectifs. Elle ne sélectionne que des jeunes à Conakry en oubliant ceux des autres régions. Aussi, elle ne forme les jeunes que sur des techniques rudimentaires, sa méthode est défaillante. Elle aurait pu, dès l’université, repérer les jeunes talentueux et les promouvoir dès la sortie.

Quelles solutions proposez-vous pour favoriser une meilleure employabilité des jeunes ?

Il faudrait mettre en place un système d’orientation, à l’instar du Forum de l’étudiant de Guinéen, qui devrait permettre aux jeunes bacheliers et diplômés de disposer de projets d’études et professionnels cohérents dès le départ. L’AGuiPE pourrait ainsi mettre en place un fonds compétitif entre les étudiants, en créant par exemple un concours sur l’entreprenariat entre les étudiants. Les meilleurs projets d’affaires seront améliorés et accompagnés. L’autre stratégie est la formalisation des entreprises pour y intégrer la question de l’employabilité des jeunes.


Crédit photo : mosaiqueguinee.com

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